Week-end à Londres entre mère et fille
J’ai toujours fait des activités avec ma fille lorsqu’elle était plus jeune : ateliers créatifs, séances ciné, running, spectacles de danse et de cirque pendant les confinements… Si jouer à la poupée n’était pas mon amusement préféré, j’ai quand même toujours essayé d’être une mère qui créait des souvenirs dans un quotidien pas toujours très fun. À côté de cela, nous avons eu la chance de beaucoup partir en vacances ou en week-end depuis sa naissance. D’autres moments à ancrer dans notre mémoire familiale.
Mais depuis qu’elle est passée de l’enfance à l’adolescence, un autre rituel s’est mis en place : les week-ends entre filles ! (qu’elle fait aussi avec son père, mais du coup ce n’est plus le même nom, mdr). Pour moi, c’est très important de mettre en place ce genre de parenthèses à ce moment précis de notre relation avec nos enfants. Parce qu’à l’adolescence, même lorsque tout se passe bien, il faut parfois entretenir le lien avec ces enfants qui grandissent et qui s’éloignent forcément un peu.
Sauf que cela peut vite devenir un vrai défi à organiser. Les centres d’intérêt de nos ados (quand ils existent !) sont souvent très différents des nôtres. Oserais-je dire que cela a un léger rapport avec leur esprit de contradiction ? Pourtant, sortir du quotidien, des devoirs, des écrans et redevenir simplement deux personnes qui découvrent une ville ensemble et partagent leurs passions peut être un formidable moyen de se retrouver.
Mais trêve de considérations philosophiques. Passons tout de suite à quelque chose de concret avec la manière dont nous avons construit notre week-end mère-fille à Londres.
Une dose de shopping
Pour ce week-end, je l’ai joué sécurité : à peine descendues du train, nous avons débuté par une bonne grosse session shopping. Une amie et sa maman étaient aussi à Londres, et comme elles adorent toutes les deux faire les magasins, nous avons choisi de faire cette activité ensemble ! C’était donc une double sortie mères-filles !
Bon, je suis l’exception qui confirme la règle : je déteste faire les magasins ! Par contre, faire du shopping à Londres permet aussi de faire du tourisme de manière un peu plus sympa, en allant dans les bons quartiers. Voici un mix tourisme/shopping qui peut vous inspirer :
1. Commencer par Oxford Street
Ici, vous trouverez les enseignes les plus connues comme Zara, Marks & Spencer, Primark ou Urban Outfitters… Rien de très original, mais souvent très efficace auprès des ados.
2. Poursuivre sur Regent Street
Au milieu d’Oxford Street, tournez vers Regent Street : ici, les enseignes se font plus chics et surtout, vous pourrez en profiter pour faire quelques photos sympa dans cette partie du quartier. Notamment le London Palladium, les façades et enseignes de Carnaby Street ou encore Liberty London (plus ou moins l’équivalent de nos Galeries Lafayette).
3. Poussez jusqu’à Covent Garden
Sûrement parce que c’est l’un des premiers endroits que j’ai vus à Londres adolescente lors de mon premier voyage avec mes parents, mais Covent Garden reste mon lieu de cœur dans la capitale anglaise. Pour son architecture, bien sûr, mais aussi pour son ambiance et ses jolies boutiques. Pour les ados, c’est aussi un endroit où ils pourront trouver des objets artisanaux sur le marché, bien plus originaux qu’un porte-clés en plastique acheté dans une boutique impersonnelle.
4. Faire un saut à Camden
Si vous avez un peu de temps (sur un séjour de 2 ou 3 jours, c’est tout à fait faisable) et que votre ado aime le vintage et les friperies, amenez-le à Camden. En plus de ses boutiques so british et de son marché, vous pourrez en profiter pour rendre un petit hommage à son habitante la plus célèbre : Amy Winehouse.
De la culture pas trop boring
Faire entendre à son ado que la culture peut être fun, ce n’est pas toujours évident. Même la mienne, qui arpente les musées avec moi depuis ses 2 ans, aimerait parfois que je trouve d’autres activités lorsque nous partons en week-end ou en voyage.
Alors, comme ici le but était avant tout de lui faire passer un bon moment, j’ai prévu quelques activités un peu différentes, sans être trop prises de tête.
1. Outernet
Là, j’avoue, j’avais prévu d’y passer sans trop y croire. Cela avait l’air sympa, mais avec les ados, on ne sait jamais ! Et pour tout vous dire, l’ado a voulu y retourner plusieurs fois. Le concept est simple : dans un immense espace ouvert sur la rue, entre Oxford Street et Covent Garden, des écrans immersifs géants diffusent des vidéos sur plusieurs thèmes. C’est assez hypnotisant. Nous nous sommes même couchées par terre pour mieux vivre le moment. Oui, par terre, toutes les deux. Et ça, c’est typiquement le genre de souvenir simple qui reste.
2. Une comédie musicale
Parmi les films préférés de l’ado, il y a un classique qu’elle regardait en boucle lorsqu’elle était petite : Matilda. Ce film inspiré du roman de Roald Dahl est aussi une comédie musicale jouée à Londres. Cela faisait des années que je voulais voir une comédie musicale dans la capitale anglaise. Si j’avais choisi uniquement pour moi, nous serions allées voir Mamma Mia. Mais j’ai trouvé un compromis : choisir un spectacle dont l’univers était déjà connu et apprécié de l’ado. Ce n’est pas toujours évident de suivre une comédie musicale dans une langue étrangère, alors autant mettre toutes les chances de son côté.
3. Les incontournables
Contre toute attente, l’ado a voulu voir (ou plutôt revoir, puisqu’elle avait 6 ans lors de notre précédent passage) certains lieux que je trouvais un peu trop touristiques, mais qui apparemment sont devenus des incontournables sur les réseaux : Big Ben, le London Eye, les fameuses photomatons vintage, les bus londoniens ou encore Tower Bridge. Bon, après tout, pourquoi pas !
Des lieux instagrammables
C’est l’expression consacrée, même si les ados découvrent et partagent aujourd’hui davantage sur TikTok. Mais vous voyez l’idée.
En réalité, moi je dis merci les réseaux. Parce que j’ai remarqué qu’ils me permettaient souvent de faire beaucoup mieux passer certaines idées de visites auprès de l’ado. Si je lui dis que j’ai repéré un lieu ou une activité sur les réseaux, elle part du principe que cela doit être cool.
Donc oui, j’influence mon influenceuse en étant moi-même influencée. C’est clair, non ?
Londres regorge d’endroits photogéniques, mais pour ce week-end, nous en avons retenu trois principaux :
1. Le Sky Garden
J’avoue, c’était surtout mon idée ! J’ai beau avoir le vertige, j’adore les points de vue sur les villes. L’entrée est gratuite, mais il faut réserver un créneau en ligne plusieurs semaines à l’avance. Si je suis honnête, c’est surtout un lieu où l’on vient faire des photos. Mais la vue est superbe et l’ambiance agréable. Apparemment, ils organisent aussi parfois des séances de yoga. Une idée pour une prochaine visite ?
2. Shoreditch
Gros coup de cœur. Bon, plutôt le mien que celui de l’ado, même si je pense que beaucoup d’adolescents pourraient aimer l’endroit. Ancien quartier industriel de l’est londonien, Shoreditch est aujourd’hui rempli de friperies, de food courts, de galeries d’art et de fresques de street art. Nous avons même vu des artistes travailler directement sur les murs, comme à New York quelques années auparavant. La fan d’art en moi était aux anges. L’ado m’a convaincue de lui acheter un collier de perles, accessoire dont elle rêvait depuis un moment, dans une friperie (parce que sinon, de toute façon, elle allait le faire venir de Chine, et ça me semblait être une meilleure option !). J’y ai goûté pour la première fois de la cuisine éthiopienne, que j’ai adorée. Nous avons regardé quelques minutes un cours de danse sur un rooftop en dégustant une glace, avant de terminer par une petite séance de lèche-vitrine. Bref, il y en avait pour tous les goûts.
3. Les lieux de tournage de Notting Hill
La magie des réseaux fait que Coup de foudre à Notting Hill, la comédie romantique qui a bercé mon adolescence, connaît aujourd’hui une seconde jeunesse. Avant le départ, l’ado a voulu regarder le film. Encore un joli moment mère-fille. Et cela tombait bien, car j’avais envie de découvrir le quartier depuis longtemps. Nous sommes donc allées voir plusieurs lieux de tournage. Il y avait beaucoup de monde, mais c’était assez amusant de retrouver en vrai des endroits aperçus quelques jours plus tôt dans le film.
Et finalement, ce week-end à Londres n'avait pas grand-chose à voir avec Londres. Bien sûr, j'ai adoré retrouver une ville que je connais depuis l'adolescence, découvrir Shoreditch, admirer la vue depuis le Sky Garden ou me replonger dans l'univers de Notting Hill. Mais ce que je retiendrai surtout, ce sont tous ces petits moments du quotidien déplacés dans un autre décor : rire ensemble dans une boutique, s'allonger par terre devant les écrans d'Outernet, faire les courses pour le pique nique dans la chambre, regarder un film avant de partir pour visiter ensuite les lieux où il a été tourné. À l'adolescence, nos enfants commencent naturellement à prendre leur envol. Ils construisent leur propre univers, leurs propres goûts, leurs propres références. Et c'est bien normal. Ces parenthèses à deux ne servent pas à empêcher cela. Elles permettent simplement de continuer à créer des souvenirs communs pendant qu'ils grandissent. Alors si vous hésitez à organiser un week-end mère-fille, père-fils, père-fille ou mère-fils, je ne peux que vous encourager à tenter l'expérience. La destination importe finalement assez peu. Ce qui compte, c'est le temps partagé.
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